Une émigration familiale
Tout ce petit monde ne débarque pas en territoire inconnu : au printemps 1826, cinq familles françaises issues du Sud de l’Alsace (futur Territoire-de-Belfort), ont réuni leurs maigres moyens et ont embarqué pour New York depuis le port du Havre. Ils sont partis s’établir sur les terres de l’Est, dans l’état de l’Ohio.
Quand notre petit groupe de migrants arrive à New York, l’un d’entre eux a dans sa poche une lettre écrite par un de ces prédécesseurs. Cette lettre est remplie de recommandations et va guider nos immigrants tout au long de leur parcours.
Par bateau, ils ont rejoint la petite ville de Cleveland où le groupe va se scinder : certains vont prendre la direction du comté de Crawford (Pennsylvanie), François Moulin et sa femme Jeanne Marie Heidet partent pour l’Indiana et le comté d’Allen ; Joseph Étienne, sa femme Marianne Moulin et leurs deux enfants ainsi que Jacques Heidet prennent la direction du comté de Stark. Ils vont rejoindre sur le site de Nimishillen le petit groupe de compatriotes menés ici par Thiébaud Frantz originaire de Bourogne, marié avec Claude Françoise Ménegay.
Pour la plupart de ces nouveaux arrivants, les premières années sont difficiles : le voyage a ruiné leurs ressources, l’acquisition d’un lopin de terre (une cinquantaine d’acres pour beaucoup représente une belle fortune) a achevé leurs réserves. Mais ils sont plein de courage et bon nombre d’entre eux n’hésitent pas à monnayer leurs bras et ceux de leurs enfants. Chacun a hâte de transmettre de bonnes nouvelles à ceux qui sont restés au pays. Et si les nouvelles ne sont pas si bonnes, on peut toujours les enjoliver ...
Le flot d’immigrants est toujours constant et les pays du contrefort des Vosges fournissent encore de nouveaux postulants au départ. Le 29 mai 1830, il s’agit de Nicolas Heidet et Marie Françoise Mathey ainsi que de leur fille Marguerite qui arrivent à New York par le Charles Carroll. Eux aussi prendront la direction du comté de Stark.


Le trois-mats Charles Carroll

À suivre