Les Haid : le (second) maire de Rougemont
et le bourgeois de Felon

La Guerre des Paysans s'est achevé, en apportant probablement dans la Seigneurie de Rougemont morts et destructions. Le Sundgau vit se former plusieurs bandes de paysans révoltés dont les objectifs restaient les symboles de l'autorité religieuse et civile : couvents et châteaux furent les cibles de ses révoltés partis des villages sundgoviens et du piémont vosgien.
On ne sait rien de l'impact de ses révoltes sur le secteur de Rougemont. Dans d'autres secteurs de l'Alsace, la répression des nobles fut sanglante laissant des territoires déserts. Bon nombre de villages furent reconstruits par des familles immigrées venant de Suisse ou de l'autre rive du Rhin.
À regarder de près le dénombrement de population de 1572 de la Seigneurie de Rougemont et de la paroisse de Phaffans (bien qu'il ne doit tienne compte que des chefs de familles bourgeois), nous sommes frappés de la faible importance de la population dans ces villages.  C'est dans ce contexte qu'apparaissent deux personnages à relier à nos familles :

Déjà, 13 ans après le décès de Thibaud Haid, un courrier (en allemand) datant de 1565 de la Régence d'Ensisheim est adressé à Jakob Haydt meyer zu Rothenberg que l'on peut traduire Jacques Haydt maire de Rougemont (ADHR 1C5671). Ce même personnage apparaît avec la même fonction en 1572 (1C5708). Enfin, dans le dénombrement de la population évoqué ci-dessus, un Jacob Haydt réside dans la partie haute de la ville de Rougemont (c'est à dire derrière les remparts de la ville) nommée dans ce texte Ober Rothenberg.


An Jacob Hayden Mayer zu Rothenberg denn 16. Augusti Anno 1572

Dans ce même dénombrement apparaît sur la liste des habitants de Felon ou Füllon un Clauss Heit ou ou peut-être Heidt (nous devrions dire Nicolas Heit dans ce contexte francophone).

J'ai mis ici en parallèle les deux mentions du dénombrement bien que dans le document originel ils soient mentionné chacun pour son domicile. Voir sur le site de Lisa90 la liste complète "translatée". Un doute peut subsister sur la lecture du deuxième nom : Heit ou Heidt ? Mais cela n'a guère d'importance, ces orthographes toutes deux traditionnelles en langue germanique correspondent au même patronyme : Haid. Le même scribe écrira ainsi pour un autre patronyme : Gaterey et plus loin Gauterey puis Gautterey ...


Nous nous retrouvons dans le même cas de figure qu'en 1512 et en 1520 : une même dualité de lieux et de fonctions entre un officier seigneurial installé dans la "capitale" et un bourgeois d'une petite communauté. Dans l'évolution des familles Haid/Haidet, je considère ainsi qu'il y a une continuité entre : - Bastien Haydet - Thibaut Haid et Jacques Haydt et - Henri Haidet et Nicolas Heit. (Dans ce dernier cas cependant en terme de générations, il manque un personnage entre les deux).

Comme nous le verrons dans les chapitres suivants, je considère que les Heidet ultérieurs ne descendent que de ce Nicolas Heit ; Jacques Haydt n'a, à mon avis, laissé aucune descendance du moins sous le nom de Heidet. Malheureusement, ce dénombrement de population est le seul document, dans l'état actuel de nos connaissances, qui fait référence à ce personnage. Il faut également imaginer que l'absence de nombreux documents nous occulte peut-être d'autres Heid/Heidet à l'origine peut-être des générations futures ...